Identification du besoin médical en matière d’autopsie

Le développement d’un tel projet nécessite de bien identifier les besoins en matière d’autopsie et de faire l’inventaire des dispositifs déjà existants sur le marché, afin de confirmer l’a^pproche novatrice de Dexter-e-T.

Quels sont les besoins ?

Tous les animaux sont susceptibles de mourir de causes diverses (maladies infectieuses, dégénératives, carentielles, tumorales, traumatiques…). Dans ce cadre, une autopsie peut être réalisée et présente des intérêts multiples :

déterminer la cause de la mort de l’animal,

confirmer un diagnostic ante-mortem,

déterminer les actions à conduire, si nécessaire, pour protéger/traiter les animaux du même effectif,

déterminer le danger potentiel/les risques pour les animaux et les humains qui l’entourent,

déterminer les responsabilités (expertises pour les assurances ou encore expertises judiciaires)

faire progresser la médecine vétérinaire en découvrant et en décrivant de nouvelles maladies.

L’acte d’autopsie a donc un impact économique, sanitaire, voire juridique, et peut se monnayer en rapport avec les bénéfices attendus (traitements préventifs moins onéreux, meilleure épidémiosurveillance, dédommagement en cas de faute professionnelle, remboursement des pertes liées à des causes de mortalité couvertes par le contrat d’assurances).

Quels sont les dispositifs existants ?

Les demandes d’autopsies animales sont actuellement satisfaites par :

– les 4 écoles nationales vétérinaires (Lyon, Maisons-Alfort, Nantes, Toulouse),

– une quinzaine de Laboratoires Vétérinaires Départementaux (LVD),

– certaines cliniques vétérinaires.

A de rares exceptions près, il est nécessaire que le corps de l’animal soit amené sur le lieu dédié à son autopsie, ce qui est un frein logistique majeur pour les grands animaux. Les structures capables d’effectuer des autopsies sur les grands animaux en France sont au nombre de 16 : 11 LVD, 4 écoles vétérinaires, et un centre d’autopsie destiné aux chevaux (Dozulé). Seules deux structures (Écoles vétérinaires de Nantes (Oniris) et de Toulouse) proposent une possibilité de ramassage des animaux, offrant une solution clé en mains aux propriétaires d’animaux et emploient en leur sein des vétérinaires diplômés du collège européen (experts) pour effectuer ces autopsies.

Actuellement, les échanges dématérialisés entre vétérinaires praticiens et experts concernant l’autopsie ne sont pas formalisés : échanges de mails, conversations téléphoniques, groupes de professionnels sur les réseaux sociaux. Or, cet échange informel avec un matériel d’étude non optimal (photos de mauvaise qualité, tableau présenté non exhaustif) et une impossibilité de retour sur le cadavre de l’animal, aboutit souvent à un échec diagnostique pour le vétérinaire requérant et l’expert (expertise asynchrone).

Dans ce cadre, une solution d’expertise en temps réel est essentielle, à travers de véritables échanges entre le vétérinaire requérant et l’expert, afin d’augmenter la pertinence, et donc la valeur ajoutée de l’autopsie. Dexter-e-T, solution innovante de téléexpertise en autopsie animale a pour buts :

– de lever le frein logistique en « déplaçant » le regard de l’expert auprès du corps de l’animal et non l’inverse,

– de permettre unaccès plus large à l’expertise,

– d’accompagner le vétérinaire requérant dans la réalisation de son autopsie (télémentorat),

– d’optimiser l’utilisation du temps des ressources médicales rares (experts).

Dexter-e-T est donc un projet extrêmement novateur, qui n’a aucune concurrence (en France, en Europe) : un développement embryonnaire est en cours pour les autopsies bovines exclusivement aux États-Unis et au Canada (en novembre 2018, les Drs Monday et Sims ont présenté au Texas, une autopsie animale live en vidéotransmission[1]).

En ce qui concerne le domaine médical humain, le CHU de Montpellier a testé, en novembre 2017, l’autopsie humaine par visioconférence ce qui a constitué une première européenne[2].

La littérature sur le sujet est peu abondante mais démontre l’intérêt du projet. En effet, dès 2000, Wildman et al. décrit un processus de saisie par caméra des images d’autopsie suivi d’une transmission par voie électronique dans les feedlots (grands élevages extensifs de bovins au Canada et aux États-Unis). La qualité de ce diagnostic nécropsique à distance est jugée bonne (95% d’accord sur les diagnostics par rapport au gold standard). Les différences de diagnostic sont attribuées plus à la qualité des images qu’à leur interprétation [3]. Un projet d’autopsie à distance est également à l’étude en Suède[4].


[1] https://tvmdl.tamu.edu/2018/11/13/monday-and-sims-discuss-tele-medicines-services-at-high-plains-veterinary-medical-association-meeting/

[2] https://www.sciencesetavenir.fr/sciences/le-chu-de-montpellier-teste-l-autopsie-en-visioconference_118055

[3] Wildman BK, Schunicht OC, Jim GK, Guichon PT, Booker CW, Tollens RA. The use of computer imaging technology to facilitate the capture of feedlot necropsy information. Can Vet J. 2000 Feb;41(2):124-5.

[4] https://www.slu.se/en/faculties/vh/research/forskningsprojekt/not/kv-utvardering-av-remote-digital-autopsy/